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lundi 15 septembre 2008

Le web : nouvel outil marketing des éditeurs ?

A l'instar des Editions du Marais, client de 2R communications, beaucoup d'éditeurs voient de plus en plus le web sous l'angle d'un outil de promotion efficace pour leurs ouvrages. Un récent article publié dans le magazine économique français Les Echos évoque l’utilisation du net par les éditeurs français en cette rentrée 2008… sous un angle uniquement marketing.

Outre les problèmes de référencement (quand on tape rentrée littéraire sur Google, ce ne sont pas les auteurs de la rentrée ni ces sites qui arrivent en tête...), l'article des Echos évoque la vogue des mini-sites consacrés aux poids lourds de la rentrée littéraire : exemples du Livre de poche (dont celui consacré à Amélie Nothomb), le site rentrée de Gallimard, le site du dernier Marc Levy pour Robert Laffont ou celui d’Anne Brashares, Toi et moi à jamais, par Gallimard Jeunesse...

Quid au Québec ?

Si notre recherche a confirmé que la plupart des maisons d'édition implantées au Québec sont passées à la vente en ligne, il n'en reste pas moins que la pertinence des outils utilisés pour la vente varie d'une maison à l'autre...

Pour ce qui est de l'utilisation du web comme outil promotionnel, les choses paraissent plus balbutiantes dans la Belle Province.

2R communications travaille à la gestion des contenus éditoriaux des Editions du Marais. Depuis quelques jours, un sytème de vente en ligne pratique et sécurisé utilisant le processus de Paypal a été mis à la disposition des clients de la maison d'édition.

En outre, 2R communications utilise un blog d'affaires et l'outil vidéo pour assurer, à chaque parution, une visiblité maximale pour les ouvrages et les auteurs.

vendredi 5 septembre 2008

Une rentrée 2008 tous azimuts pour les Editions du Marais

Les Editions du Marais viennent d’avoir la confirmation que "Guerre et Vie" -qui doit paraitre cet hiver - a reçu une subvention de la Fondation Catherine Gide. Une grande reconnaissance pour le travail éditorial que nous menons depuis des mois sur ce projet qui s'annonce d'ores et déjà comme un grand événement littéraire.

Un grand nombre de nouveautés à paraître cet automne

A paraître au cours de cet automne "Helen’s story" de Helen Rothstein, "L’incendiaire" de Dyane Léger et Paul Savoie, "Rachid Mimouni" de Najib Redouane, ainsi que "Le pouvoir de la foi" tome 2, de Bernard Sansaricq.

Des projets sont également en cours de préparation avec Dr Zina Suissa, Pierre Lasry, Gérard Etienne, Lise Lacasse, Judith Ohlmann, Charles Grysmans, Yvette Szmitz et Lelia Young.

Des événements publics à venir

Un lancement du livre de Pierre Lasry "Don Juan et les moulins à vent" est prévu à la librairie Olivieri le 22 Septembre prochain ; de même, une revue littéraire importante vient de nous de demander la photo du livre «Monsieur le président» de Gérard Étienne pour leur publication d’automne.

Enfin André Elbaz sera le prochain invité d’honneur du mois du livre juif à la Bibliothèque Juive de Montréal.

lundi 9 juin 2008

"Songes Brisés", de Najib Redouane, affiché sur le site web du CIEF

"Songes Brisés", le premier recueil de poèmes signé par l'essayiste et professeur de littérature francophone Najib Redouane et publié par les Editions du Marais, est affiché sur le site web du prestigieux Conseil International d'Etudes Francophones (CIEF).

Le Conseil International d'Études Francophones est une association internationale, à but non lucratif, dont l'objectif est le développement des études, de la recherche, des publications et des productions francophones ou portant sur la francophonie dans le monde.

Rappelons que Najib Redouane, Canadien d'origine marocaine, est le fondateur et le Directeur de la revue internationale Le Maghreb Littéraire. Avec Songes Brisés, il revisite les fantômes de sa mémoire: ceux qui peuplent son exil et hantent les chemins de sa longue errance.

Najib Redouane vit depuis 1999 aux États-Unis où il enseigne les littératures de la francophonie du Sud.

jeudi 22 mai 2008

Certains auteurs des Editions du Marais sur la route cet été et l'automne sera québécois

L'auteur de La Tentation de l'Occident, Itinéraire d'un Juif Maghrébin, André E. Elbaz, sera l'invité d'une causerie à la synagogue Spanish and Portuguese, le dimanche 15 juin, a 10:30.

L'essayiste, qui est aussi professeur au Département d'Etudes Françaises de l'Université Carleton d'Ottawa, connaît un relatif succès dans la communauté juive sépharade de Montréal avec son dernier essai publié aux Editions du Marais.

Dans La Tentation de l'Occident, titre repris à André Malraux, André E. Elbaz porte un témoignage lucide, sans concessions, sur son parcours intellectuel et spirituel, qui l'a fait passer sans transition du Maroc médiéval des mellahs et des souks orientaux, des sultans et des rabbins miraculeux, à la culture occidentale la plus sophistiquée.

De son côté, l'auteur Gérard Etienne se rendra en France à la fin du mois de juin pour assister à une rencontre d'écrivains francophones. Il sera accompagné par son épouse qui est aussi la Directrice des Editions du Marais.

Des figures Québécoises cet automne aux Editions du Marais

Parmi les auteurs qui seront publiés cet automne, à l'occasion de la rentrée littéraire 2008, les Editions du Marais pourront compter sur des figures québécoises de talent, en la personne de Dyane Léger et de Paul Savoie.

Dyane Léger est une poétesse acadienne. Première femme éditée en Acadie, son ouvrage inaugural, Graines de fée, fut publié en 1980. Tantôt violente tantôt ludique, cette prose poétique avait tellement frappé les lecteurs de par sa qualité et sa force que l'ouvrage avait remporté le prix France-Acadie dès sa parution (il fut réédité en 1987).

Quant à l'écrivain Paul Savoie, on le connaît surtout pour sa grande érudition et ses talents de musicien.

On prévoit également pour cet hiver la publication d'un roman de Lise Lacasse ainsi qu'une methode d'apprentissage de l'arabe niveau 1 et 2.

A suivre...

jeudi 1 mai 2008

Le Conseil des Arts du Canada soutient les Editions du Marais

Les Editions du Marais viennent de se voir accorder une aide financière pour l'ensemble du travail de développement et de promotion de leurs publications au cours de l'année 2007.

Cette aide substantielle a été accordée par le Conseil des Arts du Canada dans le cadre du programme d'aide à l'édition de livres.

Le Conseil des Arts du Canada offre chaque année plusieurs subventions aux écrivains, collectifs et éditeurs professionnels canadiens. En plus d'apporter son appui aux activités de création, de traduction, de publication et de promotion de la littérature canadienne, le Service des lettres et de l'édition finance les résidences d'écrivains, les rencontres avec le public et les festivals littéraires, de même que les nouvelles manifestations artistiques telles que la poésie rap, le conte et la littérature électronique.

Les Editions du Marais sont en phase de développement intensif depuis plusieurs mois : les ventes d'ouvrages se multiplient et les outils de diffusion se diversifient. Un gros effort a été mis dans la promotion d'ouvrages de poésie et de théâtre : deux domaines de la littérature qui ne sont pas forcément rémunérateurs mais qui témoignent de la vitalité de la création canadienne.

Les ouvrages des Editions du Marais sont en vente dans plusieurs librairies de Montréal (notamment à la librairie Olivieiri ) et sur internet.

mercredi 16 janvier 2008

Avant-première / le poète Najib Redouane aux Editions du Marais en février

Les Editions du Marais s'apprêtent à mettre sous presse leur prochaine publication, à paraître au mois de février : un recueil de poèmes signés Najib Redouane et intitulé "Songes brisés".

En plein coeur de l'hiver, les Editions du Marais ont décidé de frapper un grand coup en invitant l'essayiste, professeur et poète, Najib Redouane, à publier son premier receuil de poésies.

La riche collection de poèmes des Editions du Marais va donc compter parmi ses auteurs fétiches un écrivain rendu célèbre par ses ouvrages critiques dans le domaine des littératures francophones du Maghreb.

Ce Canadien d'origine Marocaine, qui vit aux Etats-Unis depuis 1999, où il enseigne les littératures de la francophonie du Sud, est fondateur et directeur de la revue internationale Le Maghreb Littéraire.

Songes brisés est son premier recueil de poèmes.

La parution de cet ouvrage aux Editions du Marais est prévue pour la mi-février.

lundi 26 novembre 2007

"Aquarelles", de Lélia Young, selon la revue Francofonia

Après Entre l’outil et la matière (1993) et Si loin des cyprès (1999), Lélia young nous offre son troisième recueil dont on distingue l’intelligence infinie de la mise en scène, de la mise en place qui développe une mosaïque conviant le lecteur à voir le monde tel qu’il apparaît à la poétesse, tel qu’elle nous le propose.

En fait, ce qui nous est donné à lire dans une pulsion poétique pour dire l’inquiétude et l’angoisse d’un moi déchiré face aux bouleversements et aux perturbations marquantes qui rendent la vie de plus en plus instable et dure s’annonce dès le premier poème.

Ainsi, «L’œil posé sur les méfaits du temps» (13), sa voix, dans ses à-coups et ses saccades, témoigne avec délicatesse d’un féminin inquiet, incertain mais en quête de sens, de paix et d’harmonie, tout troublé qu’il soit.

Cette quête prend des allures parfois souffrantes et déchirantes qui forcent l’admiration, tellement sa recherche, voire sa dénonciation, autant formelle que thématique, sort de l’ordinaire.

Comme elle invite le lecteur à ne pas regarder dans sa direction parce qu’elle se situe dans un autre ailleurs, elle l’exhorte aussi à déplacer toute convention et toute réserve pour la suivre dans ses déplacements et ses errances à travers différents lieux de mémoire et d’espaces réels ou mythiques pour saisir la complexité de «ce nouveau siècle balafré de violence/[qui] ne comprend pas le pan de sa quête» (37). C’est que pour elle, le monde de la terre est en péril «voilé par le casque budgétaire» (34) dont l’équilibre brisé renforce la tragédie d’«Un vingt-et-unième siècle pendu à son cou/tel un collier de sangsues à l’aurore de l’horreur». (15)

Entre douleur et conscience

La parole de Lélia Young est de rigueur. Entre douleur et conscience, son cri morcelé envahit l’œuvre comme un appel contre la barbarie, inscrivant son désarroi et sa déception devant la dérive du temps où la guerre des religions et des civilisations apparaît comme la honte de l’humanité.

Cette prise de parole de l’être féminin qui prend des airs d’engagement, d’évocation de malaises régnant partout révèle profondément qu’elle médite sur sa relation avec le monde qui l’entoure et s’interroge en son for intérieur sur l’angoissant déclin des êtres et des choses : «C’est l’ère du chaos religieux/de l’humanité foulée aux pieds/d’un honneur de façade/C’est l’ère des charognards/qui saignent professeurs et étudiants/Un festin de vautours/Le lieu de connaissances/offre du gaz carbonique au savoir/répond aux ordres/et répand le mensonge» (58).

En fait, animée par la passion de dénoncer ce qui la gêne et la dérange, elle ne ménage pas ses mots et stigmatise une critique sévère contre le conservatisme hypocrite, cherchant à tout dire dans une forme de chaos sensible à l’image de l’énumération : «La lâcheté ne connaît/ni l’univers du pourquoi ni celui du comment/tous deux voilés par la supernova du qui et du quoi/La terre entière habite un tome/qui observe les draps du mensonge». (46)

C’est ainsi qu’avec ses mots et les cris de son cœur, elle répond à une exigence intérieure pour faire de sa poésie un acte essentiellement personnel et intime.

La poésie comme un exutoire

Elle écrit à partir de sa vie, s’inscrivant dans le passé et dans le monde présent avec ses souvenirs, ses découvertes, ses expériences, ses désirs, ses rêves et ses avancées en tant que poétesse engagée en quête de la reconnaissance du respect et du droit à la dignité humaine.

Pour elle, la poésie est d’abord un véritable exutoire, une activité créatrice enrichissante qui libère et apaise. Sa poésie porteuse d’émotions, de langage, d’images, d’interrogations, de doutes, de certitudes, de rêves et d’espoirs fait entendre l’essentiel de cette voix féminine investie d’une puissance parlante qui reflète des champs du réel et de l’imaginaire. Cette dimension de l’expression poétique appelle à une méditation en pensées et en paroles de ses conditions d’existence et de son sens. Et comme elle se considère «fugitive comme le temps/entamé par les plaies qui fustigent l’innocent» (43), elle refuse de vivre dans la mesquinerie et de poursuivre la bêtise humaine.

Cependant, elle éprouve du ressentiment, de l’indignation et de la colère à l’égard de cette situation tragique où des milliers d’êtres déplacés, arrachés à leur terre natale, fuient le génocide, la haine raciale et se lancent dans un cri de l’exode. Son aptitude à la sensibilité, au dévoilement des êtres et des lieux est annoncée et révélée à travers le drame que vit la femme du Darfour, présentée comme une «Femme aujourd’hui hagarde en fuite sur un sol aride/Femme meurtrie par le feu des milices», porteuse du sida qui, «semé en [son] sein, calcine [ses] racines et aliène leur tronc dans le viol de [sa] terre». (13)

Dans l’écriture poétique de Lélia Young, on découvre cette volonté de dire les choses telles qu’elles sont, sans faire faux bond à tout ce que l’existence comporte d’indicible et d’insaisissable.

Pour exprimer la souffrance

Immergée dans un processus de création poétique aussi exigeant qu’intense, la poétesse se range du côté des opprimés, des désespérés, des laissés pour compte et des damnés de la terre, comme en témoignent les vers suivants : «Je suis avec ceux qui souffrent/lorsque la lèpre se love/Avec eux loge le rêve/qui sonne dans l’inconçu/La musique jamais née/dans le châlit de sa chanterelle» (57).

À la fois sensible et attentive, rejetant la fausseté et le mensonge, elle pose l’écriture comme une nécessité absolue pour révéler plusieurs facettes de sa personnalité. Elle se montre tout de même capable de plus de profondeur et de générosité, donnant ses «mots aux affamés/dont les pleurs coulent/sur les torrents cascadés/de cageots de souvenance». Elle ajoute aussi qu’elle dédie ses mots «à ceux qui inscrivent l’éternité dressés comme une barricade/contre la montée en graine des pilleurs de l’aube». (32)

Force est de reconnaître que la poétesse propose son interprétation et sa propre lecture de l’Histoire contemporaine, qui confère à son écriture un sens nostalgique révélant douleurs et amertumes, mais aussi une force intérieure transformant ainsi l’écriture du temps dans l’appel d’un autre regard.

Un regard sur le monde

La vie réelle est assez ahurissante à son goût et elle a choisi la poésie envers et contre tous pour exposer ses idées et ses prises de position. Au lecteur de décider s’il veut s’y engager avec elle pour le meilleur et pour le pire. À vrai dire, loin d’une poésie espacée ou abstraite, le lyrisme foisonnant qui domine dans ce recueil confirme qu’elle est et demeure poétesse vivante, souvent le vague à l’âme, écoutant les bruits du monde et observant l’écoulement du temps fidèle à ses propres convictions : «Le poète n’est pas morte/Elle est dans le feu qui clame ses couleurs/couvert de ronces/ses flammes hantent le vent/l’idéologie monétaire/et la férocité de l’histoire qui racle l’humanité». (40)

Dans cet univers ouvert à la contemplation et à la méditation, Lélia Young se questionne sur ses hésitations et ses incapacités qui trahissent son malaise face aux pollutions des idées et aux atrocités humaines répandues à travers les siècles. Cependant, si elle n’a d’autre vocation que celle de recourir au rythme, à la musique des mots pour traduire l’intensité d’une vision poétique du réel, elle se crée aussi «des ailes d’acier/pour se consacrer un chemin de rêve» (36).

Vers une quête d'équilibre

Ainsi de suite, le chemin de la parole se poursuit volontairement à travers la recherche d’une nouvelle forme d’expression dans laquelle la poésie interroge la fusion possible des contraires. De ce regroupement entre le poème en français, en anglais et la prose émanent un désir et une volonté de la poétesse de développer un médium artistique multiforme qui crée une certaine complémentarité, voire une inter-relation entre les divers genres d’écriture.

Le propre de sa démarche, c’est de dépasser le binaire et le dualisme pour exprimer à travers une forme esthétique toute originale caractérisée par une narration semi-abstraite, l’effervescence de cette rencontre entre un tourbillon d’images et différents moyens d’expression poétique.

En fait, cette union conjuguée à un mode d’appréhension et d’interprétation particulier tend à une quête d’équilibre, de lumière, de couleur, de temps et d’espace pour explorer l’harmonie ou la dissonance qui se trouve au cœur de toute création artistique.

Il faut dire qu’une sorte d’envoûtement nous gagne en lisant les poèmes de Lélia Young. En fait, par la solidité de l’expérience humaine, son recueil est d’une richesse formidable, d’une rare acuité et d’une certaine façon, très audacieux dans la mesure où, dans son élan poétique, elle impose avec une obstination constante un «je» omniprésent.

Une force centripète qui ramène l’univers entier en soi, qui confère un sens et une substance à la prise de parole d’engagement de quête identitaire, d’invocation nostalgique et d’exaltation de ses rêves, de ses désirs et des réminiscences de sa vie personnelle. C’est tout un passage qui s’ouvre dans la profondeur du monde grâce à une voix éclatée et des images absolument étonnantes ou saugrenues. Ce qui témoigne de la force et de la grâce de cette somme poétique d’un être féminin aux prises avec les dualités nécessaires pour entreprendre les risques d’un projet insurmontable.

Dans ce recueil qui se présente comme un acte puissant d’évocation éclairé par l’émotion humaine, et la qualité musicale des mots, la puissance visuelle des images s’ordonne autour de plusieurs schémas distincts. L’un est un état permanent de remémoration à l’infini de la blessure et du déchirement de son être, dans lequel elle élève sa voix pour dénoncer la bêtise humaine, les déceptions successives, les vaines attentes, les injustices flagrantes, les souhaits avortés et les mots qui brûlent.

Un appel à la tolérance

L’autre est l’évocation de son appartenance religieuse, de son enfance ainsi que de son adolescence dont subsistent souvenirs, odeurs, couleurs et sons venus du pays natal. «J’ai laissé ma jeunesse au bord d’un escalier/et je m’en suis allée» (29), affirme-t-elle avec une douceur nostalgique. Quant à sa foi, elle conjugue à la fois judaïté et africanité : «Mon peuple éparpillé sur les branches de chêne/[…]/rappelle l’Afrique jetée dans les bras d’Israël» (15). Toutefois, elle est farouchement opposée au conflit israélo-palestinien qu’elle considère comme une aberration historique : «Sur la terre des enfants d’Abraham/l’espoir d’un terrain de sauvegarde/est devenu une arène de destruction» (61). Sa tunisianité est aussi fortement représentée car elle constitue un contrepoint à la blessure intime et sert de ressourcement identitaire. Il y a une nécessité vitale chez elle, quand ses «mots trébuchent non rassasiés», de recourir à son «patelin de jasmin» (63), pour transcender la blessure du temps présent dont l’appel apparaît saisissant au jaillissement pur de mélancolie et de nostalgie : «Aujourd’hui est dans le tumulte/Retourne d’où l’aube t’a tirée/Ramasse les miettes égrenées/Elles jalonnent ton chemin» (26). Le recueil contient également des confidences inattendues qu’il faut, tant bien que mal, décoder mais qui saisissent par la profondeur sentimentale qui accroît l’importance de cette vérité amoureuse, annoncée et révélée tout sincèrement, tout simplement : «Je suis pleine de ton corps de tes gestes/de tes mots dans le chaos de ta nuit». (14)

Il reste que ce recueil se présente comme une réflexion fondamentale sur l’exil que la poétesse connaît en terre canadienne et qui n’annonce pas le vide. C’est que ses mots d’exil sont porteurs d’un sens plein qui transforme son écriture issue de la brisure et d’un temps marqué d’incertitudes et de dures réalités en un cri d’indignation et de dénonciation visant à mieux témoigner de son expérience et à exprimer l’universel par la perception singulière qu’elle a de la vie.

Et comme pour elle l’essentiel demeure d’atteindre «la paix qui est à l’œuvre» (21), elle répète même plusieurs fois le mot paix pour que le lecteur pénètre avec elle dans les sensations vives que ce sentiment procure, pour qu’il saisisse la grâce humaine de vivre dans un monde de respect et de tolérance qui lui-même change et varie suivant ce que la grandeur du partage offre à tous et à chacun : «Il fait bon vivre ici/quand la paix sonne aux portes des veillées/que la parole génère le jus pressé de demain/et que le respect tend la main à la nef/Qui lui sert de voilier» (19). Ceci dit, l’expression du cheminement personnel de la poétesse l’amène à vouloir faire entendre des implications existentielles de son histoire passée et présente ainsi que son devenir dans la mouvance du temps. Pour traduire aussi le regard de l’être féminin devant sa propre quête de vérité et d’évolution humaine. Et surtout pour inscrire sa volonté de s’affirmer, d’agir et d’être «comme la fleur qui s’ouvre le matin/enchâssé dans l’humeur docile du jour/prête à tendre ses pétales sur l’épaule de l’air». (20)

Par ce recueil, Lélia Young confirme encore une fois qu’elle est poétesse de la vie, de la paix et de l’écoute. Si sa poésie s’impose à ce point, c’est que l’appel à vivre ou encore le plaisir de vivre et d’attendre l’autre, de penser à l’autre et à soi dont elle parle touche à tout le possible des êtres qui se mettent à écouter le cœur du monde, à chercher en soi comme en l’autre l’équilibre précaire, l’acceptation et le respect des différences qui convertissent la paix en une lumière vivace, présente à tout temps, comme des mots à prendre pour mieux vivre.

Lélia Young. Aquarelles . La paix comme poème, Éditions du Marais, 2006, 66 p.

source : francofonia