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jeudi 27 août 2009

Disparition de l'écrivaine Ayanna Black : les Editions du Marais lui rendent hommage


L'écrivaine Ayanna Black, dont l'un des grands receuils de poésie, "Invoking the Spirits", a été publié aux Editions du Marais, s'est éteinte à son domicile le 21 juillet dernier, des suites d'une longue maladie.

Ayanna Black était l'une des pionnières parmi les poètes Noires du Canada. Elle s'était notamment impliquée dans le mouvement féministe pendant plus de vingt ans, et fut l'un des membres fondateurs du Tiger Lily Journal, le premier magazine Canadien pour les femmes de couleur.

Des hommages nombreux ont été rendus à la suite de sa disparition ; nous vous livrons celui rendu par la Directrice des Editions du Marais, Natania Etienne :

"LOVE THANK YOU FOR ALL WHAT YOU DID FOR HER YOU RECONCILIATE ME WITH HUMANITY.

She was a poet, on her journey in this life she had a heart as big as the world. How can I thank her for her humanity and what she did for others but especially for GERARD ETIENNE z'l' and I when everybody else had turned their back. And then she was there for us after. She leaves behind her writings and the anthologies she had put together she was one of the few who wanted space for everybody. For Ayanna you could be Black Jewish German French whatever you were not a stranger

Natania ETIENNE"

lundi 17 août 2009

Agression de Gérard Etienne : Radio Canada reconnaît l'erreur commise dans son Téléjournal

Par l'entremise d'un message diffusé ce lundi sur son site web (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/misesaupoint/), Radio Canada a finalement reconnu que Gérard Etienne avait bien été victime d'une agression, en 1993, avant l'émission animée par Denise Bombardier et n'avait pas simulé cette attaque comme l'a une nouvelle fois laissé entendre le Téléjournal du 16 décembre dernier.

Radio Canada rappelle ainsi que :

"Le 14 décembre 2008 est mort à Montréal, l’écrivain, poète et polémiste Gérard Étienne.
En 1964, il avait émigré au Canada pour fuir le régime haïtien de Jean-Claude Duvalier qui l'avait emprisonné. Depuis 1971, il était professeur de lettres et de journalisme à l'Université de Moncton.


Au Téléjournal du 15 décembre 2008, nous avons rappelé une entrevue qu’il avait donnée à la télévision de Radio-Canada en 1993. Notre relation des faits comportait une erreur d’importance. M. Étienne avait été pris à partie par d’anciens compatriotes sur le parvis de Radio-Canada, avant de se présenter en studio avec des taches de sang sur la chemise. Certains ont alors cru qu’il s’agissait d’une mise en scène et de jus de fraises, plutôt que de taches de sang.

Nous reconnaissons qu’il s’agissait bien de taches de sang, contrairement à ce qu’a laissé entendre le Téléjournal du 15 décembre.
"

Radio Canada fait à nouveau un mea culpa officiel

Martine Lanctôt, Directrice du Service de Traitement des plaintes et affaires générales relatives aux Informations en Français de Radio Canada, a écrit ce lundi 17 août à la veuve de Gérard Etienne, Natania Etienne (qui est aussi Directrice des Editions du Marais), pour lui signifier officiellement cette mise au point en rappelant que "tout comme M. Guy Fillion vous l'avait écrit en 2004, au nom de Radio-Canada, nous reconnaissons que les fameuses taches de sang sur la chemise de M. Étienne, le 28 janvier 1993, étaient bien réelles."

Madame Lanctôt suggère également, dans sa lettre, que l'émission de radio Tam Tam Canada du 21 janvier 2009, consacrée à Gérard Etienne, "puisse être rediffusée à l'occasion du premier anniversaire de la mort de Gérard Etienne" et qu'un "rappel de sa carrière sur le site Internet de Radio-Canada" puisse être prochainement ajouté.

Natania Etienne s'estime, de son côté, "soulagée par cette avancée significative, après 16 ans de combats menés pour l'honneur de Gérard [Etienne]" mais elle estime aussi que la société de radiodiffusion doit "réparer l'outrage fait à la vérité devant des millions de téléspectateurs dans le Téléjournal du 15 décembre 2008 par une mesure autrement plus significative qu'un entrefilet sur un site internet".

mercredi 1 juillet 2009

Vidéo : L'écrivaine Lise Lacasse nous présente "Les Battants"

L'écrivaine Québécoise Lise Lacasse, qui vient de faire paraître son dernier roman, "Les Battants", aux Editions du Marais, a accordé une entrevue, en juin 2009, à Montréal.

Elle y explique les raisons qui l'ont amené à écrire cette oeuvre où il est question d'êtres qui ne veulent pas se laisser entraîner par le poids des années...

vendredi 13 mars 2009

12e semaine du départ de GÉRARD ÉTIENNE Z’L’, par Natania Etienne

Chaque semaine, la directrice des Editions du Marais, Natania Etienne publie dans l'hebdomadaire Haïti Observateur un texte en évoquant son quotidien après la disparition de son époux, l'écrivain Gérard Etienne, le 14 décembre dernier.

"Je retiens mon souffle les yeux écarquillés je regarde le grand inconnu. Danielle la jeune femme qui est rentrée en même temps que lui va s’asseoir seule. Il ne regarde pas dans sa direction. Il avance à grand pas et s’assoit à côté d’une très jolie fille Judith. Mon cœur se noie de chagrin jamais je ne pourrais m’habiller, me coiffer et surtout me maquiller comme elle jamais il ne pourra s’intéresser a moi.

Mais je n’ai pas beaucoup de temps pour m’apitoyer sur mon sort. Il se passe quelque chose de bizarre, quelqu’un prend la parole et déclare qu’il est inadmissible d’avoir une revue étudiante de la faculté des lettres avec un directeur étranger il pense que c’est illégal, un brouhaha s’ensuit, un vote et puis un grand silence. Le bureau de direction de la revue a été renvoyé.

Un des individus responsables de ce chambardement se tourne vers nous, vers ceux que Gérard Etienne avait appelé les petits jeunes et nous offre de prendre les places devenues disponibles. Ils nous offrent un poste au bureau de direction d’une revue littéraire quelle tentation!. Dans ma tête à toute vitesse se bousculent des idées contradictoires. Est-ce que je vais me sacrifier pour un inconnu? J’ai tellement envie de publier mes poèmes. Il se lève quitte la pièce et s’en va discuter ferme avec Judith Je serre les dents, j'ai envie de pleurer. Non même si ça n’est pas pour lui, c est une question de principe je ne mangerai pas de ce pain là. Je n’accepte pas l’injustice. Je me lève, je jette un coup d’œil à côté, il est debout, il parle, il ne me voit pas. Je vais partir, il ne saura même pas que j’existe, mais j’ai la conscience tranquille.

Je vais chercher mon manteau. J’ai un plan, je sors dans les escaliers mais je ne pars pas vraiment, je me mets à les descendre et à les remonter à reculons, j’ai peur que quelqu’un sorte et voie mon manège. Mais je m’obstine et je continue pendant une éternité. La porte s’ouvre, j’ai l’air de venir à peine de sortir.

Un groupe sort qui entoure Gérard Etienne, je descends en même temps qu’eux. Il y a cinq étudiants, ils veulent aller au café étudiant au Bouvillon je ne suis jamais allée là mais il faut que j’aie l’air à l’aise. Tout le monde est d’accord sauf lui, il veut rentrer chez lui étudier. Je me dis que peut-être il n'a pas l'argent pour se payer une bière, je me glisse à côté de lui et je dis : mais c’est ta fête aujourd’hui alors on te paye un pot. Il me regarde étonné et répond : non ça n’est pas ma fête. Je suis désolée qu’il ne veuille pas mentir et profiter de l’offre. Je n’ai pas d’autre choix que d’insister. Heureusement les autres m’aident et finalement il se laisse convaincre.

On nous propose une grande table ronde il fait le tour et s’installe au fond je fais la même chose pour m'assoir près de lui. Tous sont d’accord il faut que dès demain Gérard rencontre l'exécutif de l’AGEUM pour voir quel sera leur point de vue sur l’injustice qui vient de se produire. Puis on devise de choses et d’autres et les étudiants qui nous ont accompagnés manifestent de la curiosité et l'un après l’autre ils me demandent de les rencontrer le lendemain. Je m’amuse à donner aux uns et aux autres de huit heures à midi des rendez vous à U 1 la salle de rencontre des étudiants en Lettres. Satisfait ils s’en vont, nous restons seul. Pas longtemps. Un serveur s’approche et nous demande de nous déplacer, nous serions moins visibles, dit-il, derrière le poteau. Je me redresse comme une poupée mécanique, en colère et je dis à Gérard : on s’en va. Dehors c’est l’été indien il fait doux. Gérard me propose de marcher un moment. Je pense à toutes les histoires que je connais, au proverbe "à beau mentir qui vient de loin". Qui est cet étranger ? Il est si grand, si fort, si beau, je suis envoutée, mais pas au point de perdre la tête. Je lui demande :es-tu un homme libre? Il me répond sans hésitation "Oui je suis libre". Je lui demande de le jurer, il le jure. Puis il me raccompagne un bout de chemin, il faut que je me dépêche, je ne suis jamais rentrée si tard. Avant de nous quitter, il me donne rendez-vous le lendemain à midi à la bibliothèque des lettres. Je pars en courant Mon père m’attend à la porte inquiet, il ne pose pas de questions.

Le lendemain je m’amuse à rencontrer d’heure en heures tous ceux que je devais retrouver. Mais le vrai rendez-vous est à la bibliothèque, je monte les escaliers, quatre à quatre. Au moment où j’atteints la porte, il sort un cahier en main, l’air préoccupé. Très sérieux, il me déclare que désormais je suis son amie, il m'explique que c'est une expression québécoise qui veut dire que nous avons une relation exclusive. Mon cœur bat la chamarde, mais il ajoute qu’il n'a pas le temps de parler plus, il faut qu’il retourne étudier. On se parlera plus tard. Je pense en moi-même que j’aime son sérieux. Je me laisse emporter par mon destin je ne sais pas où il va me mener.

mardi 24 février 2009

Natania Etienne livre un témoignage très poignant sur... Gérard Etienne

Dans le cadre de la commémoration du Mois des Noirs, lors de l'événement "Mots d'Amour en Black" qui se tenait à la Saga St-Denis - événement auquel ont participé "Les Editions du Marais" - la conjointe du regretté Gérard Etienne a lu un témoignage poignant sur les dernières heures de vie de l'écrivain.

Voici un extrait de ce texte, qui fait partie d'une série publiée chaque semaine dans l'hebdomadaire Haïti Observateur :

"Veuve, est-ce possible d’être veuve de GÉRARD ÉTIENNE Z’L’?

Il y a 35 ans quand nous avons eu notre premier enfant, il s’est fait refuser une assurance vie. Nous savions tous les deux qu’il vivait sur du temps emprunté, nous étions habitués. Les enfants et moi étions seuls à savoir à quel point il était fragile. Nous partagions ses angoisses : manger, ne pas manger, chaque bouchée avalée ou non était un enfer.

Les jours ont passés, il écrivait, j’écoutais ses pas lents dans la maison. Il avait lâché la marchette depuis quelques jours, je surveillais ses allées et venues inquiète qu’il ne tombe et se blesse. J’aurai voulu ne plus aller au travail juste rester avec lui vingt quatre heures sur vingt quatre je n’osais plus aller à la poste de peur de je ne sais quoi simplement me disais-je pour qu’il ne soit pas seul, mais il me répétait qu’il fallait que j’aille travailler. Je partais à la dernière seconde, en route on se parlait vingt cinq mille fois.

Il vivait au rythme d’HAITI et de son écriture, je répétais en riant que je n’étais que sa deuxième femme, la première étant son pays. Mon D_IEU quel pays ingrat ! Mais il ne voyait pas ça il rêvait de son rêve fou d’un pays vivable pour les autres. Pour sa dernière sortie il pleuvait le vent soufflait je courais au milieu de la rue pour qu’il ne subisse pas les chocs des bosses sur le trottoir. On revenait de la synagogue, la marchette (celle que j’appelais sa Cadillac) accrochée aux poignées de la chaise roulante, les livres qu’il tenait à emporter pour poursuivre ses réflexions, ses objets de prières. Je l’avais enrobé dans un sac de plastique, ayant un sac aussi sur mon chapeau le tout volant au vent mauvais il était assis heureux confiant que je pouvais le mener au bout du monde. Ceux qui nous auraient vu nous auraient pris pour deux fous, mais ça ne nous inquiétait pas on s’aimait et la vie était là on avait vingt ans. Il était question d’appeler la bonbonne d oxygène «Juliette» mais on n’a pas eu le temps de l’apprivoiser.

Inspiré par ses échanges sur Haitianpolitics il avait repris sa thèse voulant que je la publie. Il écrivait le jour, durant la nuit je l’écoutais respirer terrorisée, passe ta main sur ma tête disait-il dans le noir et je tombais endormie dépitée de n’avoir pas pu le faire toutes les heures où il cherchait le sommeil. Il ne s’accordait pas de répit, accroché aux rampes d’escalier il faisait le dernier marathon de sa vie, cherchant son souffle. Arrivé en haut il s’enfonçait recroquevillé dans la chaise de la cuisine, je lui faisais du charme cherchant à le faire manger, on était en route pour gagner il avait pris du poids il était passé de 105 livres à 112. Il n’avait pas d’appétit alors j'essayais d’inventer toutes sortes de combinaison pour lui faire prendre du poids.

Le dernier vendredi il a enlevé son tube d’oxygène pour faire son fameux riz aux calalous est-ce que j’aurai dû lui dire mon secret que je gardais depuis 41 ans ? Quand je lui ai dit que je pouvais faire du riz il m’a longtemps regardé, sans un mot étonné. Je ne voulais pas dire que je pouvais vivre sans lui, juste que je pouvais l’aider. Samedi matin il s’est levé normalement, il voulait descendre pour lire, mais j’ai proposé qu’on reste ensemble le plus longtemps possible, il m’a regardé et m’a dit : «si tu parles et tu me racontes des histoires, je vais rester dans le fauteuil » Alors j’ai parlé, parlé pour défier le temps, j ai lu à haute voix le journal et il m’a écouté avec patience commentant très sérieusement comme d'habitude. Il a voulu se lever a failli tomber je me suis jetée sous lui pour qu’il ne se blesse pas. Puis notre petite fille est arrivée avec sa maman il a souri assis avec elle il l’a écoutée chanter des chants en hébreu il était si fier de son intelligence et de son élocution il lui a dit «ce soir après le sabbath je jouerais au piano et tu chanteras» [...]

Crédit Photo : Dan Rosenberg

mercredi 11 février 2009

Les Editions du Marais célèbrent la St-Valentin différemment


Dans le cadre de la commémoration du Mois des Noirs, à Montréal, Les Editions du Marais s'associent à la Fondation Art'Hum et à la Compagnie Théâtrale Racine(s) pour organiser l'événement "Mots d'Amour en Black".
L'écrivain Arol Pinder sera l'animateur et le responsable éditoriale de cette soirée ; une soirée qui sera également animée par un groupe de 3 musiciens menés par l’artiste Daah Sossa.

Cette soirée sera également l’occasion de rendre hommage à Gérard Etienne par la lecture de plusieurs de ses textes inédits sur l’amour.
L'entrée est libre pour cet événement qui se déroulera en plein coeur du Plateau Mont-Royal dans le tout nouvel espace culturel qui a pour nom "La Saga St-Denis".
Pour vous rendre à la Saga St-Denis, consultez l'itinéraire.

Agrandir le plan

vendredi 9 janvier 2009

Gérard Etienne : la dernière vidéo...

L'écrivain Gérard Etienne s'est éteint le 14 décembre dernier. Le 9 février 2008, il participait au Gala de la compagnie théâtrale Racines, qui a produit sur scène son unique pièce de théâtre, "Monsieur le Président".

Le hasard veut que la dernière vidéo publique de l'auteur soit celle où il interprète la chanson "My Way"...

L'hommage d'une troupe à son auteur.

mercredi 7 janvier 2009

Gérard Etienne : de nombreux témoignages et réactions sur internet depuis sa disparition

Depuis sa disparition, le 14 décembre dernier, de nombreux articles ont été rédigés et des témoignages exprimés sur internet. En voici quelques-uns.

Outre le blog des Editions du Marais, le site web de Radio Canada a été le premier à réagir en publiant un article intitulé "Gérard Etienne n'est plus". Radio Kiskeya a été aussi prompte en diffusant sur son site web un article intitulé "Décés du professeur et écrivain Gérard V. Etienne", ainsi que la station Haïtienne Radio Classique Inter.

Le 16 décembre, l'écrivain Stanley Péan rendait hommage sur son blog à Gérard Etienne, dont il avoue "l'influence" sur une partie de son oeuvre. Le même jour, sur son blog X-centri-cités, l'écrivain Thomas C. Spear, écrivait un long article en mémoire de celui qu'il appelle "un grand résistant".

Le CIEF (Conseil International d'Etudes Francophones) a publié sur son site une page spéciale en souvenir de celui qui fut parmi les militants les plus actifs au sein de la structure.

A Moncton, où Gérard Etienne fut professeur, le journal Hebdo Campus a diffusé ce mercredi 7 janvier, sur le site CapAcadie.com, un message de condoléance. Le site de la radio CJSE avait publié plus tôt un article pour annoncer la disparition.

dimanche 14 décembre 2008

GERARD ÉTIENNE / 28 mai 1936 - 14 décembre 2008


L'écrivain phare des Editions du Marais, Gérard Etienne, s'est éteint ce dimanche matin à Montréal des suites d'une longue maladie. Il était âgé de 72 ans. Il laisse derrière lui une oeuvre riche et foisonnante. Ses obsèques auront lieu, demain lundi, à Outremont. Retour sur la vie d'un humaniste qui n'a cessé, jusqu'à ses dernières heures, d'employer sa plume à défendre la cause Haïtienne et à servir la langue française.

Jusqu'à hier encore, Gérard Etienne était attablé à son bureau, dans une petite pièce de sa maison de Côte-St-Luc, pour rédiger un ultime article, relire et corriger une nouvelle ou griffonner des notes en vue d'un prochain roman... Infatigable Gérard Etienne. Infatigable, mais au rendez-vous pour le dernier "au revoir", entouré de sa compagne et muse de toujours, Natania. Engagement et dignité, deux des grandes qualités de ce grand parangon de la Négritude.

Né au Cap-Haïtien le 28 mai 1936, Gérard Vergniaud Étienne quitte à 15 ans le foyer paternel. Il proteste ainsi contre la violence que son père fait subir à sa mère parce qu'elle ne partage pas ses croyances vaudou. Il restera terriblement marqué par cette période de sa vie. Il part pour Port-au-Prince. À quinze ans il participe à une insurrection contre le gouvernement despotique de Paul E. Magloire. Arrêté en compagnie de Luc B. Innocent et de Windsor K. Laferrière, il est emprisonné et torturé.


Disciple du marxiste haïtien, le grand romancier et médecin Jacques-Stephen Alexis, il participe à un complot contre le gouvernement fasciste de François Duvalier. Il est arrêté et torturé (23 ans). Cette vie turbulente ne l'a pas empêché de faire des études classiques en Haïti, d'enseigner dans de prestigieux collèges et d'amorcer une carrière de journaliste.


En effet il rédige à 13 ans ses premiers poèmes qu'il interpréte à la radio. À l'âge de 16 ans, il achève un premier livre de poésie. Puis il publie coup sur coup Au milieu des larmes (1960), Plus large qu'un rêve (1960), La raison et mon amour (1961), Essai sur la négritude (1962) et Le nationalisme dans la littérature haïtienne (1963).


Il fonde le groupe culturel Samba qui devait devenir Haïti-littéraire. Parallèlement à sa vie d'écrivain, il enseigne dans des collèges et au lycée. Il est en même temps critique littéraire et reporter aux quotidiens Le Nouvelliste (1961-1962) et Panorama (1962-1964). Étienne a aussi suivi parallèlement une trajectoire artistique et militaire, particulièrement à la Société des Messagers de l'art (1963) et au Corps d'Aviation où, cadet de l'air, il est affecté au département de météorologie (1955-1957).


En août 1964, l'écrivain s'exile au Canada. Débarqué à Montréal, il enseigne au Lycée Da Silva (1964-1965) et travaille comme reporter au quotidien Métro Express et au journal Quartier Latin. Au cours de ses études de licence ès lettres (1964-1970) il travaille en usine puis comme infirmier à l'Hôtel Dieu de Montréal. Il enseigne au Collège de Matane (1968-1970) et collabore au journal La Voix canadienne. Il publie en 1965 son premier livre au Canada, Lettres à Montréal. Il rencontre en 1967 la compagne de sa vie, Natania Feuerwerker dont il a deux enfants, Joël et Michaëlla. Il commence à enseigner à l'Université de Moncton en 1971. Il obtient son doctorat en linguistique (Strasbourg, 1974). Il est professeur de linguistique et de grammaire supérieure à Moncton en Acadie jusqu'en 1978. En 1979, il fonde le module information/communication où il enseigne désormais le journalisme. Il collabore au Devoir de 1972 à 1987 et il est éditorialiste au quotidien Le Matin (1986-1987).


Malgré deux comas et une opération au cerveau, il continue à écrire à l'hebdomadaire Le Voilier (1987-1989). Malgré une agression d'ordre politique en 1993 (voir L'Injustice, la désinformation, le mépris de la loi), il poursuit sa lutte pour le changement dans son pays d'origine. Depuis cette date, il collabore au journal Haïti-Observateur.

Plusieurs de ses titres ont été traduits en langues étrangères. L'écrivain a aussi suivi une carrière scientifique. Il a découvert une nouvelle discipline en sciences humaines, l'anthroposémiologie, et il a publié deux essais plus haut mentionnés, en plus de 50 études savantes en linguistique, en critique et en sémiologie.

Au cours de cette année 2008, Gérard Etienne aura eu la chance de voir montée sur scène son unique pièce de théâtre, "Monsieur le Président". Sa dernière oeuvre publiée aux Editions du Marais date de mai dernier : il s'agit du recueil de poésie dédié à sa compagne de toujours, "Natania"...

lundi 16 juin 2008

Gérard Etienne présent au 22ème Congrès mondial des écrivains francophones

Le Conseil International d’Études Francophones tiendra son 22e congrès mondial à Limoges, en France, du 29 juin au 6 juillet prochains. L'écrivain Gérard Etienne, l'une des figures de proue des Editions du Marais, y sera présent et participera à une conférence sur le fait d'écrire le 4 juillet.

Dans le cadre des célébrations du 400ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec, nombre d'auteurs de la Belle Province figurent au programme de ce 22ème congrés mondial.

Gérard Etienne participera le 4 juillet à une table ronde relative à la question suivante : "Pourquoi écrire ?" Aux côtés de Gérard Etienne, les écrivains et essayistes suivants répondront à la question et liront un extrait de leurs oeuvres :
Georges-Emmanuel Clancier, poète de Limoges
Chahdortt Djavann, essayiste et romancière française d'origine iranienne
Robert Lalonde, dramaturge et romancier québécois
Guylaine Massoutre, auteure et critique québécoise
Daniel Sibony, essayiste et philosophe français d'origine marocaine
Michel Thérien, poète canadien

Plus d'infos sur le 22ème Congrès mondial du CIEF : http://www.cief.info/congres/2008/index.html

mercredi 13 février 2008

L'écrivain Gérard Etienne hospitalisé d'urgence

L'écrivain phare des Editions du Marais, Gérard Etienne, auteur entre autres du Nègre Crucifié et de La Reine Soleil Levé, a été victime d'une hémorragie cérébrale hier mardi.

Hospitalisé en urgence dans un établissement montréalais, il a subi une opération chirurgicale au cerveau quelques heures après son intégration en soins intensifs.

L'opération s'est bien déroulée, et Gérard Etienne restera en observation pour quelques jours encore.

Son état n'inspirerait plus d'inquiétude. L'écrivain, âgé de 71 ans, avait déjà été victime d'un accident cérébral il y a une vingtaine d'années.

samedi 1 décembre 2007

Le Pouvoir De La Foi, de Bernard Sansaricq

Preface

Bernard Sansaricq, une fois de plus, a servi son pays. Notre pays, cette Haïti, tellement chérie, pourtant si décriée ! À sa manière, M. Sansaricq a rapporté des faits, mis la vérité à nu.

Il a le courage d’un guérillero, le cœur d’un homme aimant son pays, la sensibilité à fleur de peau. Il a voulu, sans heurter volontairement quiconque, apporter des précisions sur une tranche de notre histoire, pour qu’enfin tous les Haïtiens comprennent, et que renaisse l’espoir de voir ce pays redevenir La Perle des Antilles.

Edmond Paul, de son exil en 1882, écrivait dans le même sens que le message de Bernard Sansaricq : « Noirs et mulâtres d’Haïti, sachons vouloir fortement le bien. Soyons vraiment hommes, vraiment citoyens. Aimons-nous ! Travaillons ensemble à un avenir meilleur ! Au lieu d’enter sur nos vices des vices nouveaux, entreprenons afin de faire éclater d’une façon incontestable aux yeux de tous la vertu qui, certes, est en nous pour les œuvres de la paix. » Edmond Paul écrivait encore : « Parler en créole pour exprimer une pensée juste vaudra toujours mieux que de parler en beau français pour exprimer une idée fausse. » Voilà une assertion que Bernard Sansaricq, dans toute sa franchise, n’aurait pas non plus désavouée.

Le livre de Bernard Sansaricq invite à la méditation et à une réflexion profonde sur nous-mêmes. On ne peut que s’enrichir à la lecture d’un pareil travail.

Marie Louise et Georges Michel

P.S. : Le mot d’Edmond Paul est bien « enter », et non pas « entrer ». « Enter » est un vieux verbe français qui veut dire « greffer ». La Fontaine l’emploie dans la fable Le Vieillard et les Trois Jeunes Hommes. L’un d’eux, dans la fable, était tombé d’un arbre qu’il avait voulu enter.
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